Témoignages du Mémorial du Camp de Rivesaltes (MCR)

Mémorial du Camp de Rivesaltes

Le Mémorial du Camp de Rivesaltes propose 5 extraits de témoignages vidéo d’un Harki, d’un ancien chef de commando, d’une fille et d’un fils de Harki, et d’une infirmière ayant travaillé au Camp de Rivesaltes.

Inauguré en octobre 2015, le Mémorial du Camp de Rivesaltes est construit au milieu des vestiges des baraquements, témoins du destin de plus de 60 000 personnes. Cette marque dans l’espace en fait un lieu unique, qui rend compte des traumatismes du second vingtième siècle : la guerre d’Espagne, la Seconde Guerre mondiale et les guerres de décolonisation. Entre septembre 1962 et décembre 1964, plus de 22 000 anciens supplétifs d'Algérie et leurs familles transitent par ce "Centre d’accueil des Français de souche nord-africaine » dans des conditions particulièrement difficiles, avant d'être orientés vers des hameaux de forestage ou des centres industriels du nord de la France". 

1. Témoignage de Abdelkader HAMOUMOU

Abdelkader Hamoumou est né en 1941 à Aït Youcef, en Algérie. Ses parents étaient propriétaires terriens. Il est le fils aîné d’une famille de cinq enfants et commence à travailler très jeune. Son père est tué en 1958 par le FLN.

En 1959, il s’engage dans une Section administrative spécialisée (SAS), dépendante des militaires français.

Le 9 juin 1962, lui et sa famille partent de Bougie pour la France. Ils arrivent à Marseille et sont amenés au camp du Larzac où ils y restent quatre mois. Ils sont ensuite transférés au camp de Rivesaltes. Abdelkader y reste un mois avant de trouver du travail à Vienne dans l’Isère. Il retourne à Rivesaltes pour chercher sa famille et s’installe à Chonas-l’Amballan. De décembre 1962 à 1969, il travaille dans une usine de chaussures. En 1970, il suit des cours de formation professionnelle et devient soudeur. Il milite dans l’Association Justice Information Réparation (AJIR) pour les Harkis.

Entretien témoignage filmé et réalisé par José Jornet pour le MCR sur commande de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et du Département Pyrénées-Orientales, porteurs du projet du MCR.

Référence 1210_F4_006_4_HAMOUMOU_Abdelkader_FR

Témoignage de Abdelkader Hamoumou © Mémorial du Camp de Rivesaltes

2. Témoignage de François MEYER 

François Meyer est né en 1933 en France dans une famille d’officiers. Son père est ingénieur et officier dans l’armée de l’Air. Il grandit à Versailles. À sa sortie de l’école de Saint-Cyr en 1957, il s’engage dans la cavalerie et découvre l’Algérie, cette même année, à l’occasion d’un stage.

De 1958 à 1962, il sert comme lieutenant au 23ème régiment de Spahis en Oranie, et il commande successivement deux harkas : la première en tant que chef de commando du Secteur opérationnel à Géryville, puis la seconde à Bou Alam, toujours en Sud-Oranais.

En juin 1962, il réussit à transférer officiellement dans le camp du Larzac environ trois cents hommes et leurs familles. Avec l’abbé de La Morandais, il participe à la mise en place des « villages du renouveau » pour réinstaller en Lozère toutes ces familles.

En 2012, à soixante-dix-huit ans, considéré comme « sauveur de Harkis », il reçoit les insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

Entretien témoignage filmé réalisé́ par José Jornet pour le MCR sur commande de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et du Département Pyrénées-Orientales, porteurs du projet du MCR.

Entretien mené par M. Abderahmen Moumen. ©Mémorial du Camp de Rivesaltes.

Référence 1230_F4_046_3_MEYER_Francois_FR

Témoignage de François Meyer © Mémorial du Camp de Rivesaltes

3. Témoignage de Mohamed CHERIFI

Né en 1952 dans une tribu algérienne en zone rurale, Mohamed Cherifi est le fils d’un Harki.

Dès le début de la guerre, la famille subit les attaques du FLN et part vivre aux abords d’un camp militaire français. En 1962, la famille transite dans un camp en Algérie avant d’être transférée en France au camp de Rivesaltes à la fin de l’année. Ils y restent une année puis le père de Mohamed est envoyé dans le Nord de la France pour travailler. La famille s’installe alors à Roubaix. Mohamed Cherifi suit alors une formation de tisserand, part ensuite faire son service militaire puis rentre à Roubaix. Il s’engage alors civiquement et politiquement pour la représentation et la défense de la communauté Harki en France.

Entretien témoignage filmé et réalisé par José Jornet pour le MCR sur commande de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et du Département Pyrénées-Orientales, porteurs du projet du MCR.

Entretien mené par M. Abderahmen Moumen.

Référence 1250_F4_037_4_CHERIFI_Mohammed_FR

Témoignage de Mohamed Cherifi © Mémorial du Camp de Rivesaltes

4. Témoignage de Fouzia ZAROURI

Née en 1957 en Algérie, Fouzia Zarouri est la fille d’un Harki.

Elle vit d'abord chez ses grands-parents avec sa mère et ses frères avant de se réfugier dans un camp militaire français pour fuir les attaques des « fellaghas ». À la fin de la guerre d'Algérie, la famille part en en bateau en France. Ils sont amenés au camp de Rivesaltes où ils restent six à sept mois. Toute la famille s’installe à Roubaix quand son père y trouve du travail. Ils déménagent ensuite à Villeneuve d’Ascq où son père est embauché dans une usine de textile. Atteinte de tuberculose, comme son frère Mohamed, elle est soignée à l’hôpital de Roubaix puis envoyée au sanatorium d’Huberne, près de Pau. Ils y séjournent de 1963 à 1965. Son père décède le 6 juin 1967. Elle suit des études d’infirmière et se spécialise dans les soins auprès des personnes alcooliques, notamment auprès d’un ancien interné du camp. Son parcours de vie l’amène à faire un lien entre cette addiction et l’expérience de l’internement dans le camp de Rivesaltes.

Entretien témoignage filmé et réalisé par José Jornet pour le MCR sur commande de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et du Département Pyrénées-Orientales, porteurs du projet du MCR.

Entretien mené par M. Abderahmen Moumen.

Référence 1310_F4_043_3_ZAROURI_Fouzia_FR

Témoignage de Fouzia Zarouri © Mémorial du Camp de Rivesaltes

5. Témoignage de Claudette QUINTANE

Née en Algérie dans une famille d'origine espagnole, Claudette Quintane suit des études d'infirmière et travaille pour l'Armée.

En 1962, elle quitte l'Algérie pour se réfugier en France. Elle choisit alors d'aller travailler dans le camp de Rivesaltes auprès des femmes algériennes internées. Elle se marie en 1964 et quitte le camp de Rivesaltes pour suivre son mari à Djibouti, dans le Nord-Est de la France, puis en Aquitaine. Elle poursuit une carrière dans l'aide sociale. Elle revient finalement dans la région de Perpignan et travaille pour une association d'alphabétisation. Elle y retrouve des femmes qu'elle avait aidées à Rivesaltes et travaille parallèlement comme auxiliaire de vie pour des personnes âgées.

Entretien témoignage filmé et réalisé par José Jornet pour le MCR sur commande de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et du Département Pyrénées-Orientales, porteurs du projet du MCR.

Référence 1330_F4_017_3_QUINTANE_Claudette_FR

Témoignage de Claudette Quintane © Mémorial du Camp de Rivesaltes

Informations pratiques

Mémorial du Camp de Rivesaltes

Adresse : Avenue Christian Bourquin
66600 SALSES LE CHATEAU

Téléphone : 04 68 08 39 70

Courriel : info@memorialcamprivesaltes.fr

Site Internet : https://www.memorialcamprivesaltes.eu